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Tourne, Tourne, Petit Moulin

Depuis l'antiquité, l'homme utilise la force de l'eau pour, entre autre, faire tourner les moulins.


Pour fonctionner, le Moulin de l’Évêque à donc besoin d'eau.... et d'un système qui permet de transformer la force de l'eau en énergie capable de faire tourner les meules qui écraseront le grain.

 

AU FIL DE L'EAU

      Le Moulin de L’Évêque est construit aux abords d'un ruisseau, LE PONTOU, qui prend sa source à Saint-André-Allas, coule sur 7 km, et se jette dans la Dordogne, au niveau de la commune de Beynac.
Cependant, le ruisseau ne passe pas dans le moulin, mais à côté. Nos ancêtres ont donc créé un "bief", pour permettre d'acheminer l'eau jusqu'au moulin.


       Qu'est ce qu'un "bief" ?


      Un bief est en fait une partie de l'eau du Pontou, qui est dérivée de son lit naturel, au moyen d'un canal artificiel creusé (à l'époque par la main de l'Homme) dans les prés alentours. Grâce à ce bief de dérivation, l'eau peut être acheminée jusqu'au moulin, et ainsi, le faire fonctionner.


       La retenue d'eau


      L'eau dérivée grâce au bief est alors retenue dans une réserve, juste au dessus du moulin. Cette retenue d'eau sert, en amont, à accumuler assez d'eau, et donc assez de force (d'énergie), pour entrainer la roue (le "rouet" exactement) du moulin qui fera tourner les meules.


       Retour aux sources


      L'eau qui court, une fois sortie du moulin, est restituée, intact, à son ruisseau. Un second canal, "le fuyant", à donc était creusé, permettant l'évacuation de l'eau depuis le moulin, jusqu'à son ruisseau originel, Le Pontou.
Différentes vannes servent, d'une part, pour gérer le trop-plein de la retenue, d'autre part pour réguler la force de l'eau entrainant le rouet, et donc le mécanisme, en fonction de l'activité du moulin et/ou des conditions climatiques.

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LES MEULES

      Le système de fonctionnement du moulin a grain repose sur l'agencement de 2 meules : la meule " dormante " (ou gisante), située en dessous, qui, comme son nom l'indique, ne bouge pas ; et la meule " tournante ", située au dessus de la meule dormante, celle qui tourne, actionnée par l'axe posé sur la roue, elle même entrainée par la force de l'eau.


      Les meules du Moulin de L’Évêque sont les meules d'origine, celles utilisées jusqu'à l'arrêt du moulin, après la seconde guerre mondiale. Ce sont des meules en silex, extraites à quelques kilomètres du moulin, dans les carrières de Domme. Elles font 1m40 de diamètre et pèsent près de 900kg chacune : c'est leur poids qui écrasent le grain. Les meules sont toutes les 2 convexes, pour assurer un broyage homogène du grain.


      Les 2 meules comportent différents sillons, qui permettent au grain d'être correctement écrasé, et, en laissant pénétrer l'air, de ne pas chauffer au moment du broyage : e grain garde ainsi toutes ses qualités nutritives.

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LE ROUET

      Organe essentiel au fonctionnement du moulin, la roue permet souvent de reconnaitre un moulin dans le paysage.


      Au Moulin de L’Évêque, la roue, ou plus exactement le rouet,  vous ne le verrez pas. Enfin, pas de loin. Ici, la particularité tient au fait que le rouet qui entraine le mécanisme, n'est pas une grande roue verticale située à l'extérieur du moulin. C'est une sorte de roue horizontale, placée sous le moulin.

 


      Une chute de 6 mètres, entre la retenue en amont et la roue en dessous du moulin, permet à l'eau d'acquérir une vitesse  et une force suffisante pour faire tourner le rouet, et donc de moudre le grain. Nul besoin d'engrenages, l'axe du rouet est directement fixé sur la meule et permet de la faire tourner.

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DU GRAIN...A LA FARINE

      Le Moulin de L’Évêque produit 6 farines différentes (blé, petit épeautre, seigle, sarrasin, maïs et pois chiche), toutes issues de grains bio, cultivés localement, en Dordogne.


      Le grain est versé dans une réserve en forme d'entonnoir : la trémie. Un auget, situé sous la trémie, permet de faire tomber le grain de façon régulière au cœur de la meule.


C'est ici que les sillons jouent leur rôle. Trois sortes de sillons différents sont creusés dans la meule, avec chacun une fonction spécifique : le " maître sillon ", le " grand sillon secondaire " et le " petit sillon secondaire ". Le grain tombe au cœur de la meule et, par la force centrifuge et les différents sillons, est expulsé vers l'extérieur de la meule suivant 3 étapes :


       - Une fois entré au cœur de la meule, le grain va d'abord passé dans les " maitre sillon ". Creusés profondéments, ils permettent de concasser, broyer en fragments grossiers les grains.
       -  Ensuite, par la force centrifuge, le grain est acheminé vers les " grands sillons secondaires ". Moins profonds, ils vont moudre un peu plus finement ces fragments grossiers de céréales. C'est le claquage : le grain est transformé en semoule.
       - Enfin, les " petits sillons secondaire ", les moins profonds, vont permettre de transformer la semoule en farine : c'est le convertissage.


      Arrivée sur l'extérieur de la meule, la farine se déverse et est récupéréé dans la maie. La farine qui sort de la meule est dite " intégrale " : elle contient toute les parties de la céréale, le son, le cœur, le germe.

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ENFIN, LE TAMISAGE

      Vient enfin le temps du tamisage. En effet, les différents Type " T " de farine (que vous pouvez observer sur tous vos paquets de farine), correspondent à différentes finesses de tamisage.

      Ainsi, plus le " T " est petit, plus la farine est fine et pure, mais moins elle contient de fibre et d'intérêt nutritif en général. Au moulin de L’Évêque, la plus petite mouture est T65, car nous estimons qu'en deça (T55 ou T45) la farine est trop pauvre en nutriments et minéraux.


      Le tamis est abrité à l'intérieur d'un meuble spécifique : le bluttoir. La farine étant très volatile, le tamisage doit se faire à l'intérieur du bluttoir pour ne pas en perdre. Le tamis est composé de plusieurs toiles au tissage plus ou moins serré qui permettent de filtrer la farine de façon plus ou moins fine et de séparer le son (peau du grain de blé) qui ressort en bout du bluttoir.

Et comme la meule, le bluttoir fonctionne grâce à la force de l'eau qui coule sous le moulin.


Les différentes sortes de farines peuvent alors être récupérée pour la mise en sachet.

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